États-Unis : le tourisme international s'effondre, un cas unique parmi 184 pays
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Les États-Unis sont la seule économie parmi 184 à voir leur tourisme reculer : -6,3% de visiteurs, -12,5 milliards de dollars et des réservations françaises en chute de 29%.
Les États-Unis sont la seule économie parmi 184 recensées dans le monde à voir ses recettes touristiques reculer en 2025. Avec 67,9 millions de visiteurs internationaux contre 72,4 millions en 2024, le pays a perdu 6,3 % de sa fréquentation et 12,5 milliards de dollars de recettes, selon le World Travel and Tourism Council. Au 23 avril 2026, la tendance ne s'inverse pas : neuf mois consécutifs de baisse, un durcissement administratif qui continue, et des réservations françaises pour l'été en chute de 29 % par rapport à 2025.
01Un recul historique, à contre-courant du tourisme mondial
Le chiffre à retenir vient du National Travel and Tourism Office : 5,41 millions de visiteurs étrangers en janvier 2026, soit 3,5 % de moins qu'un an plus tôt. Le précédent mois, décembre 2025, n'avait compté que 3,2 millions d'arrivées internationales, un niveau inférieur de 8 % à celui d'avant la pandémie. Le record absolu de fréquentation reste celui de 2018, avec 79,7 millions de visiteurs.
Pendant que les États-Unis perdent des touristes, le reste du monde en gagne. Le tourisme mondial a progressé de 4 à 7 % sur la même période, selon le WTTC. La France a accueilli 105 millions de visiteurs en 2025, l'Espagne 96,5 millions. Le Japon a enregistré +17 % de visiteurs internationaux en novembre 2025. Le Brésil affiche +37 % de croissance touristique sur l'année. Le Mexique capte désormais 11,8 % de visiteurs canadiens supplémentaires, largement au détriment de son voisin du nord.
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Gloria Guevara, présidente du WTTC, a attribué le phénomène aux inquiétudes liées aux politiques anti-immigration américaines, qui auraient orienté de nombreux voyageurs vers l'Espagne, la France et le Japon. Le lobby américain du tourisme, l'U.S. Travel Association, redoute publiquement que les nouvelles exigences dissuadent durablement les visiteurs.
02Trois chocs administratifs en quatre mois
Trois mesures ont transformé les conditions d'entrée aux États-Unis depuis la fin 2025. Elles se cumulent et leurs effets se renforcent.
Le décret présidentiel 10998, signé le 16 décembre 2025 et entré en vigueur le 1er janvier 2026, double le nombre de pays visés par le travel ban américain. 19 pays font l'objet d'une interdiction totale d'entrée (Afghanistan, Birmanie, Burkina Faso, Tchad, République du Congo, Guinée équatoriale, Érythrée, Haïti, Iran, Laos, Libye, Mali, Niger, Sierra Leone, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Syrie, Yémen), auxquels s'ajoutent les détenteurs de documents émis par l'Autorité palestinienne. 20 pays supplémentaires font l'objet d'une interdiction partielle touchant les visas touristiques B-1/B-2 et étudiants F, M, J : Angola, Antigua-et-Barbuda, Bénin, Burundi, Côte d'Ivoire, Cuba, Dominique, Gabon, Gambie, Malawi, Mauritanie, Nigeria, Sénégal, Tanzanie, Togo, Tonga, Turkménistan, Venezuela, Zambie, Zimbabwe. Le décret supprime plusieurs exemptions familiales qui existaient dans la version précédente.
L'identification biométrique à toutes les entrées et sorties est devenue obligatoire le 26 décembre 2025 pour tous les non-citoyens américains, y compris les résidents permanents.
La déclaration des comptes de réseaux sociaux est exigée depuis le 8 février 2026 pour les voyageurs sous programme ESTA, dont la France. Les demandeurs doivent désormais lister jusqu'à cinq années d'historique de comptes sur X, Facebook, Instagram, TikTok et autres plateformes. Le règlement s'applique aux ressortissants des 42 pays exemptés de visa. Selon une étude citée par CNN, cette mesure pourrait faire perdre jusqu'à 4,7 millions de visiteurs supplémentaires en 2026, soit un manque à gagner estimé à 15,7 milliards de dollars par le WTTC.
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Le recul touche particulièrement les marchés européens, avec des chutes variables selon les sources et les périodes mesurées. Tourism Economics a relevé une baisse annuelle de 6 % pour la France, 15 % pour le Royaume-Uni, 28 % pour l'Allemagne et 25,2 % pour le Canada sur 2025. Les arrivées en provenance de l'ensemble des pays ESTA ont chuté de 23,7 % selon le WTTC.
Les intentions pour 2026 confirment le mouvement. Les réservations françaises pour l'été 2026 sont en recul de 29 % au 31 décembre 2025 selon le Syndicat des Entreprises du Tour Operating. Une étude Ipsos bva publiée début février 2026 révèle que 57 % des Français ayant envisagé un voyage aux États-Unis hésitent désormais à le maintenir. L'institut Ifop mesure la cote de sympathie du pays à 22 % en 2026, son niveau le plus bas en trente ans. 42 % des Français sondés considèrent désormais les États-Unis comme un « pays ennemi », contre 30 % un an plus tôt.
Le boycott canadien prend la forme la plus marquée. Selon Statistique Canada, les trajets routiers de Canadiens vers les États-Unis ont chuté de 35 % en mars 2026 par rapport à mars 2024. Les trajets aériens sont en recul de 14 % sur un an. Pour la première fois, davantage de Canadiens voyagent outre-mer qu'ils ne traversent la frontière américaine en voiture. Les États de Floride et du Nevada, historiquement dépendants du tourisme canadien, organisent en ce moment des missions commerciales à Toronto pour tenter de regagner ce marché. Air Transat a suspendu onze liaisons estivales vers Orlando et Fort Lauderdale.
04Ce que ça change si vous voulez partir aux États-Unis
Pour les voyageurs français détenteurs d'un passeport européen sans antécédent particulier, l'entrée reste possible mais plus exigeante. Les retours d'expérience publiés depuis janvier 2026 décrivent des contrôles plus formels, des temps d'attente allongés en secondaire, et des refus d'entrée plus fréquents y compris pour des motifs administratifs mineurs.
Trois points méritent d'être anticipés avant tout départ :
Votre demande ESTA : coût actuel 40 $, avec obligation désormais de déclarer tous vos comptes de réseaux sociaux actifs depuis cinq ans. Les refus ESTA peuvent survenir sans explication et contraindre à demander un visa classique, avec des délais de traitement de 17 à 24 mois dans certains consulats.
Votre assurance voyage : indispensable, les frais médicaux américains restent parmi les plus élevés au monde. Notre avis sur Chapka Assurance Voyage détaille les formules pertinentes pour un séjour aux États-Unis.
Votre budget : un petit-déjeuner à New York dépasse les 40 $, les pourboires attendus sont de 20 à 25 % dans la restauration, et les tarifs hôteliers ont fortement progressé sur la dernière décennie. Une carte bancaire Wise permet de limiter les frais sur les dépenses en dollars.
05Les alternatives qui captent la demande
Parmi les destinations qui profitent de la réorientation des voyageurs, plusieurs reviennent systématiquement dans les études. Le Québec a vu ses recettes touristiques progresser de 6,4 % et ses visiteurs français de 20 % sur l'été 2025. Montréal propose une offre culturelle, gastronomique et festivalière comparable à New York sans procédure ESTA ni contrôle biométrique. Notre guide de 24 heures à Montréal et notre roadtrip d'un weekend au Québec couvrent les itinéraires accessibles depuis Paris en vol direct.
Pour les amateurs de grands espaces qui visaient Yellowstone ou le Grand Canyon, les Rocheuses canadiennes, la Norvège et l'Islande constituent des alternatives crédibles. Le roadtrip en Islande et les parcs nationaux norvégiens offrent des paysages comparables sans les contraintes administratives ni les tarifs américains.
Pour les voyages urbains, le Japon continue de monter en puissance. Tokyo, Kyoto et Osaka bénéficient d'un yen favorable et d'une sécurité reconnue.
Ce qu'il faut retenir : les États-Unis sont le seul pays parmi 184 économies mondiales à voir son tourisme reculer en 2025, avec une perte de 12,5 milliards de dollars. Le décret 10998 interdit ou restreint l'entrée aux ressortissants de 39 pays depuis le 1er janvier 2026. Les comptes de réseaux sociaux des demandeurs ESTA sont désormais exigés sur cinq ans. Les réservations françaises pour l'été 2026 sont en recul de 29 %. Le boycott canadien atteint 60 % et se traduit par une chute de 35 % des trajets routiers.
06Questions fréquentes
Puis-je encore voyager aux États-Unis avec un passeport français ?
Oui. Les ressortissants français restent éligibles au programme d'exemption de visa via ESTA. Vous devez désormais déclarer vos comptes de réseaux sociaux des cinq dernières années au moment de votre demande. Les refus ESTA peuvent survenir sans motif explicite. Prévoyez une marge de sécurité avant toute réservation ferme.
Pourquoi les Canadiens boycottent-ils massivement les États-Unis ?
Le mouvement est parti de tensions commerciales autour des droits de douane début 2025 et s'est durci avec les positions politiques de l'administration Trump. 60 % des Canadiens sondés par Longwoods International déclarent boycotter activement les voyages aux États-Unis. En mars 2026, les trajets routiers vers les États-Unis étaient en recul de 35 % par rapport à mars 2024.
Dois-je changer mes plans si j'ai déjà un voyage réservé ?
Pas nécessairement. Si votre ESTA est déjà validé et votre vol confirmé, aucune annulation automatique ne vous concerne. Vérifiez la validité de votre ESTA (valable deux ans ou jusqu'à expiration du passeport), souscrivez une assurance couvrant le refus d'entrée et le rapatriement, et préparez des documents justifiant votre séjour (réservations, lettre employeur si voyage d'affaires). Notre guide pour gérer une annulation de vol détaille les recours en cas de problème au dernier moment.
Quelles alternatives pour un premier voyage longue distance ?
Pour une première expérience internationale, le Japon et le Canada concentrent la plus grande part des reports de réservations. Tous deux offrent une infrastructure touristique de premier plan sans les contraintes administratives américaines, avec des durées de vol comparables depuis la France.
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Tourisme USA : effondrement historique en 2026 — Âme Bohème