Fin octobre 2021, nous sommes partis le temps d’un week-end sur les routes du Québec, avec un objectif : voir les forêts se parer de leurs couleurs d’automne. La saison était déjà bien avancée, et cette quête nous a menés dans quelques-uns des plus beaux endroits entre Montréal et Québec : Trois-Rivières, le parc national de la Mauricie, le Vieux-Québec, la chute Montmorency et l’île d’Orléans.
Voici le récit de ces deux jours, avec les informations pratiques mises à jour en 2026 pour refaire le même itinéraire.
L’itinéraire en bref
| Jour | Étapes | Temps forts |
|---|---|---|
| Jour 1 | Montréal, Trois-Rivières, parc national de la Mauricie, Québec | le centre de Trois-Rivières, un sentier en forêt, la rivière Saint-Maurice |
| Jour 2 | Vieux-Québec, Petit-Champlain, chute Montmorency, île d’Orléans | le château Frontenac, la terrasse Dufferin, une chute de 83 m, les fermes de l’île |
Louer une voiture à Montréal
Avoir une voiture lors d’un séjour à Montréal est un vrai plus. Le Canada est immense, et le Québec à lui seul couvre près de trois fois la superficie de la France métropolitaine : ce serait dommage de ne pas sortir de la ville pour découvrir la province.
La location de voiture peut vite coûter cher chez les loueurs traditionnels, mais il existe une alternative : Turo, une application de location de voiture entre particuliers, une sorte d’Airbnb de la voiture. Je l’ai utilisée à plusieurs reprises lors de mes voyages, et le processus est au point : assurance en cas de pépin, support réactif, large choix de véhicules.
Pour ces deux jours, nous avions loué une Hyundai Elantra de 2021, avec assurance et kilométrage illimité, pour environ 200 $ à l’époque. Il nous a fallu deux minutes pour récupérer la voiture, et autant pour la rendre. Pour les règles de conduite et les autres options, voyez notre guide pour louer et conduire une voiture à Montréal.


Jour 1 : Trois-Rivières
À environ 1 h 30 de route du centre de Montréal, Trois-Rivières s’étend à l’embouchure de la rivière Saint-Maurice, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent.
Premier arrêt de notre road trip, c’est une ville assez atypique dans le paysage architectural québécois. Elle semble construite comme un patchwork irrégulier : de grandes avenues traversent le centre-ville, tandis que petites ruelles et parcs sont dispersés un peu au hasard.



Photos : Pierre Bouyer
Elle m’a laissé l’impression d’une ville industrielle qui s’essouffle. Les bâtiments de brique rouge, la grande avenue principale et les vestiges de l’ère industrielle, mêlés à l’immensité du Saint-Laurent et aux espaces verts, en font pourtant une ville singulière. Mais elle paraissait désertée : à peine une dizaine de personnes attablées en terrasse ou flânant dans les rues.

Que faire à Trois-Rivières ?
Trois-Rivières n’est pas une destination en soi : si vous y restez plusieurs jours, gardez la voiture pour explorer les environs, à commencer par le parc national de la Mauricie, à moins d’une heure de route. Le temps d’une halte, arpentez simplement le centre-ville : remontez la rue des Forges en chinant dans les boutiques, faites un tour au débarcadère et à son petit phare, longez le Saint-Laurent ou faites une pause dans l’un des parcs.



Photos : Pierre Bouyer
Pour déjeuner, nous nous étions arrêtés au Café Frida, rue des Forges : un restaurant végane aux plats variés et bon marché, à l’ambiance un peu hippie et chaleureuse, idéal pour se réchauffer. L’adresse semble avoir changé de nom depuis : vérifiez avant d’y aller.
Jour 1 : le parc national de la Mauricie
L’après-midi, direction le parc national de la Mauricie. Sur 536 km², il protège une faune et une flore typiques de l’est du Canada : des centaines de lacs, des forêts de feuillus et de conifères à perte de vue, et des grands-ducs d’Amérique pour les plus chanceux.
Nous sommes entrés par Saint-Jean-des-Piles, à l’est du parc, en direction du secteur de Rivière-à-la-Pêche. Fin octobre, le parc entrait dans sa basse saison : les installations étaient fermées et seule une petite partie restait accessible, mais l’entrée était gratuite.

Balade en forêt sur le sentier Mékinac
Pendant environ deux heures, nous avons marché sur un petit sentier sinueux à travers la forêt, une partie du sentier Mékinac. Pas de grands points de vue, mais c’était vraiment ressourçant de marcher sous les arbres, au son du bois qui craque sous les pas et des rares oiseaux qui chantent encore en cette saison.

Notre quête des couleurs d’automne n’a pas abouti ce jour-là : nous avions manqué le pic des dégradés orangés d’une semaine environ.


Photos : Pierre Bouyer
Points de vue sur la rivière Saint-Maurice
Nous avons tout de même profité de belles vues sur la rivière Saint-Maurice, depuis le parc et un peu plus en aval, près du village de Saint-Jean-des-Piles. Un petit parc y donne directement accès à la rivière, avec une jolie vue sur la rive opposée.


Photos : Pierre Bouyer
Soirée et nuit à Québec
Après cette longue journée et près de 400 km au compteur, nous avons terminé dans notre auberge de jeunesse de Québec, la QBeds, au 625, Grande Allée Est. J’ai particulièrement aimé y dormir.
Au premier étage se trouvent un bar et quelques salles à thème très réussies : nous y étions pendant la période d’Halloween, et les décorations valaient le coup d’œil. Si vous passez par Montréal à cette période, voyez aussi notre guide d’Halloween à Montréal.



Au sous-sol, une salle de cinéma, une salle de sport et un coin détente ; les chambres occupent les étages supérieurs, en dortoir (mixte ou non) ou en chambre privée. À l’époque, un lit en dortoir coûtait une vingtaine d’euros la nuit : vérifiez les tarifs actuels. L’auberge donne directement sur la Grande Allée, une artère animée bordée de restaurants, de bars et de boîtes de nuit.
Une poutine et un cigare
Nous avons conclu la journée avec une bonne poutine et une bière dans une taverne voisine, sur la Grande Allée, puis un petit extra à la Société Cigare : un cigare cubain et un whisky japonais.

Jour 2 : visiter la ville de Québec
Le lendemain, place à la découverte de la ville de Québec et de ses nombreuses merveilles.

La ville de Québec a un charme bien particulier. Avec ses terrasses de café, ses ruelles pavées et le château Frontenac, on se croirait en Europe, mais un petit quelque chose de nord-américain lui donne une atmosphère unique. Le Vieux-Québec est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985 : c’est la seule ville au nord du Mexique à avoir conservé ses remparts. Fondée en 1608, elle compte plus de 400 ans d’histoire et parmi les plus anciennes villes d’Amérique du Nord.


Photos : Pierre Bouyer
Flâner dans les ruelles du Vieux-Québec
Se promener à pied est de loin ma façon préférée de découvrir une ville, et Québec n’a pas fait exception : j’ai passé des heures à sillonner ses quartiers, et je ne peux que vous conseiller d’en faire autant.

Le château Frontenac
Le Fairmont Le Château Frontenac, simplement appelé château Frontenac, a été inauguré en 1893. Perché sur le cap Diamant, au point le plus élevé de la ville, il est devenu le symbole de Québec ; ses toits pointus en cuivre rappellent les châteaux européens.
C’est aujourd’hui un hôtel de luxe de plus de 600 chambres, qui a accueilli de nombreux chefs d’État, et il passe pour l’hôtel le plus photographié au monde : j’y ai moi-même pris plusieurs dizaines de clichés. Les tarifs varient fortement selon la saison (à vérifier sur le site de l’hôtel). Même sans y dormir, entrez dans le hall, ouvert aux visiteurs.

La terrasse Dufferin
Autour du château s’étend la terrasse Dufferin, une promenade en planches qui offre une vue imprenable sur le Saint-Laurent et sur la ville de Lévis, en face. Installez-vous sur un banc pour profiter du panorama ; c’est aussi de là que part le funiculaire qui relie la haute-ville à la basse-ville.


Photos : Pierre Bouyer
Le quartier du Petit-Champlain
Une fois les rues de la haute-ville explorées, descendez l’escalier Casse-Cou, ou prenez le funiculaire, vers la basse-ville et le quartier du Petit-Champlain, qui semble sorti d’un conte de fées. Ses rues, parmi les plus anciennes d’Amérique du Nord, abritent aujourd’hui boutiques, bistrots et artisans : parfait pour un après-midi de flânerie.



Photos : Pierre Bouyer
Les curieux de gastronomie essaieront le Lapin Sauté, dont la carte tourne autour du lapin. Au bout des rues pavées, la fresque du Petit-Champlain couvre tout le pignon d’un bâtiment et raconte l’histoire de ce quartier autrefois ouvrier.
Le Vieux-Port
En continuant, vous arrivez au Vieux-Port de Québec, avec ses galeries d’art, ses murales et quelques boutiques. Plus fréquenté par les habitants que le Petit-Champlain, il a un côté plus authentique : personnellement, j’ai adoré cette partie de la ville !
Pour les produits locaux (fromages artisanaux, pâtisseries, sirop d’érable), sachez que le marché public du Vieux-Port a fermé en 2019 : ses producteurs se retrouvent au Grand Marché de Québec, à ExpoCité (220, boulevard Wilfrid-Hamel), ouvert tous les jours. C’est aussi le bon endroit pour acheter des cadeaux, plutôt que dans les boutiques de souvenirs.

Jour 2 : la chute Montmorency
À une douzaine de kilomètres à l’est du Vieux-Québec, la chute Montmorency plonge de 83 mètres, soit une trentaine de mètres de plus que les chutes du Niagara. Nous avons passé deux bonnes heures à parcourir les sentiers aménagés autour.
Le parc de la Chute-Montmorency est géré par la Sépaq : l’accès est payant (droit d’entrée individuel), et l’on découvre la chute depuis le pont suspendu qui la domine, l’escalier panoramique, les belvédères et le téléphérique. Consultez les tarifs et horaires du moment sur le site de la Sépaq.

Jour 2 : l’île d’Orléans
Juste en face de la chute, un pont mène à l’île d’Orléans. Environ 7 000 personnes vivent sur cette île d’à peu près 190 km², faite de fermes, de vergers et de belles maisons anciennes : un endroit qui semble vivre dans sa propre bulle, hors du temps.
Nous avons passé la fin de la journée à en explorer les recoins sous un grand soleil : un très beau souvenir. Bon à savoir : le pont actuel, ouvert en 1935, doit être remplacé par un pont à haubans en construction depuis 2024 ; sa mise en service, d’abord prévue en 2028, sera reportée, et des entraves à la circulation restent possibles.

Infos pratiques pour un road trip au Québec en automne
Quand partir ?
Chaque saison a sa beauté au Québec : forêts luxuriantes au printemps, terrasses ensoleillées en été, érables rouge orangé en automne, ville sous la neige en hiver. Pour un road trip consacré aux couleurs, visez le début ou la mi-octobre : à la fin du mois, comme nous l’avons constaté, les arbres ont déjà perdu une bonne partie de leurs feuilles.
Venir à Québec
En avion : l’aéroport de Québec dessert peu de destinations internationales, et vous ferez sans doute escale à Montréal, Toronto ou New York ; les vols intérieurs canadiens sont plutôt chers. Depuis l’aéroport, prenez un taxi, un Uber ou le bus : le RTC le dessert tous les jours avec les parcours 76 (vers Sainte-Foy) et 80 (vers le centre-ville via le terminus Les Saules), pour le prix d’un passage.
En voiture : depuis Montréal, comptez environ 3 heures par l’autoroute 40, davantage si vous passez comme nous par Trois-Rivières et la Mauricie. Dans le centre-ville, les places de stationnement sont rares et chères.
Se déplacer dans Québec
À pied avant tout : c’est la façon la plus agréable et la plus économique de découvrir le Vieux-Québec, sans chercher de place de stationnement. Le bus du RTC complète la marche : depuis le 1er juillet 2026, un passage coûte 3,85 $ avec un titre (4 $ en argent comptant, monnaie exacte) et le laissez-passer d’une journée 10,50 $. Taxis et Uber dépannent pour les trajets ponctuels.
Où dormir : deux auberges de jeunesse
À Québec, l’auberge de jeunesse est un bon choix : économique, conviviale et confortable. Voici deux adresses du centre-ville que je recommande.
- HI Québec, Auberge internationale de Québec (19, rue Sainte-Ursule) : en plein Vieux-Québec, à l’intérieur des fortifications, dans un ancien couvent ; ma préférée, pour son bâtiment plein de caractère.
- QBeds (625, Grande Allée Est) : sur l’une des artères les plus animées de la ville, près des bars, des restaurants et des boîtes de nuit ; idéale pour sortir le soir.
Questions fréquentes sur ce road trip au Québec
Un week-end suffit pour relier Montréal à Québec par Trois-Rivières et le parc national de la Mauricie, puis visiter le Vieux-Québec, la chute Montmorency et l’île d’Orléans. Comptez près de 400 km de route le premier jour.
Le pic de coloration se situe en général entre la fin septembre et la mi-octobre, selon les régions et les années. Fin octobre, une bonne partie des feuilles est déjà tombée, comme nous l’avons constaté dans la Mauricie : visez plutôt le début ou la mi-octobre.
En 2026, le droit d’entrée est de 10 $ par adulte et par jour en haute saison (du 14 mai au 25 octobre) et de 7,25 $ en basse saison d’automne (du 26 octobre au 16 décembre). L’entrée est gratuite pour les 17 ans et moins.
Une halte de quelques heures suffit : le centre-ville et la rue des Forges, le débarcadère et son petit phare, une promenade le long du Saint-Laurent. Le parc national de la Mauricie est à moins d’une heure de route.
Le Vieux-Québec à pied, le château Frontenac et la terrasse Dufferin, le quartier du Petit-Champlain et le Vieux-Port, puis, avec une voiture, la chute Montmorency (83 m) et l’île d’Orléans en fin de journée.
À pied dans le Vieux-Québec, et en bus du RTC pour le reste : depuis le 1er juillet 2026, un passage coûte 3,85 $ avec un titre (4 $ en argent comptant, monnaie exacte) et le laissez-passer d’une journée 10,50 $.
Déjà la fin du week-end
Ce week-end sur les routes du Québec en automne a été une très belle expérience, que je ne peux que vous recommander. L’ambiance était au rendez-vous, et j’espère vous avoir transmis cette sensation à travers les vidéos et cet article. Dites-moi en commentaire ce que vous en avez pensé !
Sources et vérificationInformations vérifiées le 17 octobre 2026 · 9 sources consultées
- Âme Bohème
- Parcs Canada : dates et heures d’ouverture du parc national de la Mauricie (2026)
- Parcs Canada : tarification du parc national de la Mauricie
- RTC : grille des tarifs (en vigueur depuis le 1er juillet 2026)
- UNESCO : arrondissement historique du Vieux-Québec
- Wikipédia : Grand Marché de Québec (ouverture en 2019, fermeture du marché du Vieux-Port)
- Gouvernement du Québec : construction du nouveau pont de l’île d’Orléans
- HI Québec : Auberge internationale de Québec
- Auberge QBeds
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