La première fois que j'ai bouclé le tour de l'Islande par la Route 1, je croyais connaître le pays. Je me trompais. Chaque virage déroulait un décor que le précédent n'avait pas laissé deviner : une cascade surgie de nulle part, un champ de lave tapissé de mousse, un fjord si calme qu'on entendait le vent respirer.
La Route 1, c'est cette boucle mythique qui ceinture l'île sur 1 332 kilomètres. Elle relie l'essentiel des merveilles islandaises sans jamais vous égarer. Dans ce guide, je vous propose deux formats testés sur le terrain : une version de 7 jours, rythmée mais complète, et une extension vers 10 jours pour respirer.
Vous y trouverez aussi les vrais arbitrages, ceux qui font ou défont un road trip en Islande : quel véhicule choisir, à quelle saison partir, et combien prévoir. On y va ? 🚗

| Repère | Détail |
|---|---|
| Distance | 1 332 km, entièrement asphaltée |
| Durée idéale | 7 jours (rythme soutenu) à 10 jours (confortable) |
| Sens conseillé | Antihoraire, pour attaquer la côte sud en premier |
| Véhicule | Compacte suffisante en été, 4x4 pour les pistes F et l'hiver |
| Meilleure période | De juin à septembre pour tout voir |
| Budget | Élevé, l'Islande reste une destination chère |
L'itinéraire jour par jour sur la Route 1
Je vous livre ici la colonne vertébrale en 7 jours. À chaque étape, j'indique où glisser une nuit supplémentaire si vous visez les 10 jours. Rien n'est gravé dans le basalte : la météo islandaise adore réécrire les plans, et c'est aussi ce qui rend l'aventure vivante.
Jour 1 : Reykjavik et le Cercle d'or
On commence en douceur, avec le trio le plus célèbre du pays. Le Cercle d'or se boucle en une journée depuis Reykjavik, et il donne le ton : géologie brute, eau bouillonnante, chutes vertigineuses.
- 01Le parc national de Þingvellir, où les plaques tectoniques américaine et eurasienne se séparent sous vos pieds.
- 02La zone géothermale de Geysir, où Strokkur crache sa colonne d'eau toutes les quelques minutes.
- 03La cascade de Gullfoss, double palier qui gronde dans un canyon.
Si le temps le permet, ajoutez le cratère bleu de Kerið ou la cascade turquoise de Brúarfoss. Mon coup de cœur reste le bain fumant d'Hrunalaug en fin de journée, quand la lumière s'étire et que la fatigue du vol s'évapore dans l'eau tiède.
Jour 2 : la côte sud, royaume des cascades
La côte sud est sans doute le tronçon le plus dense en émotions. On enchaîne les décors sans jamais forcer, tout est presque aligné le long de la Route 1.
- Seljalandsfoss, la seule cascade derrière laquelle on peut marcher (prévoyez un imperméable, vous ressortirez trempé).
- Skógafoss, un mur d'eau de soixante mètres où les arcs-en-ciel se forment par beau temps.
- L'épave d'avion de Sólheimasandur, carcasse fantomatique posée sur une plage de sable noir.
- La plage de Reynisfjara et le village de Vík, avec leurs orgues basaltiques et les aiguilles de Reynisdrangar.
- Le promontoire de Dyrhólaey, refuge des macareux au printemps.
Jour 3 : canyons, glaciers et lagune glaciaire
C'est ma journée préférée. Le paysage bascule dans une dimension plus minérale, presque irréelle, à mesure qu'on approche du plus grand glacier d'Europe.
Commencez par le canyon de Fjaðrárgljúfur, gorge sinueuse aux parois moussues. Poursuivez vers le parc de Skaftafell, aux portes du Vatnajökull, pour une courte randonnée sur les langues glaciaires. Le clou du spectacle arrive en fin d'après-midi : la lagune de Jökulsárlón, où des icebergs bleutés dérivent lentement vers l'océan, avant de s'échouer sur la Diamond Beach voisine.
Pour une nuit hors des sentiers battus, le camping de Þakgil niché dans un cirque verdoyant vaut le détour. Les curieux de volcanisme apprécieront aussi le Katla Geopark, qui raconte la puissance tellurique de la région.

Jour 4 : les fjords de l'Est
On quitte la foule. Les fjords de l'Est sont la partie la plus confidentielle de la Route 1, faite de villages de pêcheurs, de routes qui épousent l'eau et de troupeaux de rennes en liberté. Le rythme ralentit, et c'est exactement ce qu'on cherche ici.
Faites une halte à Djúpivogur, hameau paisible tourné vers la mer, puis rejoignez Egilsstaðir, la petite capitale de l'Est. Si vous visez les 10 jours, offrez-vous le détour vers Seyðisfjörður et sa rue arc-en-ciel qui grimpe vers l'église bleue. C'est le genre de crochet qui transforme un trajet de liaison en souvenir marquant.
Rouler seul dans les fjords de l'Est, c'est accepter que le silence devienne un compagnon de route. La lumière glisse sur l'eau, aucune voiture en vue, et l'on se surprend à ralentir juste pour faire durer l'instant.
Jour 5 : le Nord, Mývatn et Akureyri
Le Nord change encore de registre : ici, la terre fume, bouillonne et sent le soufre. On plonge dans une Islande géothermale spectaculaire.
- Dettifoss, la cascade la plus puissante d'Europe, dont on ressent le grondement dans la poitrine.
- La zone de Krafla et les fumerolles de Hverir, avec leurs marmites de boue.
- Le lac Mývatn et ses bains naturels, une alternative moins bondée au Blue Lagoon.
- Goðafoss, la cascade des dieux, en arc parfait.
Terminez à Akureyri, la capitale du Nord, pour une vraie nuit en ville. Les amateurs de faune pousseront jusqu'à Húsavník, capitale de l'observation des baleines, particulièrement active de mai à septembre.
Jour 6 : de Borgarnes à la péninsule de Snæfellsnes
On dit souvent que Snæfellsnes est l'Islande en miniature, et c'est vrai. Volcans, plages noires, falaises à oiseaux et champs de lave s'y côtoient sur une seule péninsule. C'est ici que je vous conseille d'ajouter vos deux ou trois nuits supplémentaires si vous étirez le voyage vers 10 jours.
Le sommet Kirkjufell, sans doute la montagne la plus photographiée du pays, se dresse près de sa cascade. Plus loin, le parc national de Snæfellsjökull couronne la péninsule d'un glacier posé sur un volcan. Prenez le temps, c'est une région faite pour flâner plutôt que pour cocher des cases.
Jour 7 : retour sur Reykjavik
Dernière ligne droite vers la capitale. Plutôt que d'enchaîner directement vers l'aéroport, je vous recommande une pause bien-être pour clore la boucle en beauté.
Le Blue Lagoon reste l'option iconique, à réserver largement à l'avance. Pour quelque chose de plus intime et sauvage, les sources chaudes d'Hvammsvík offrent une baignade face au fjord, loin des selfies. Un dernier bain fumant, la peau qui picote, et déjà l'envie de revenir.
Dans quel sens faire le tour de l'Islande ?
C'est la question que tout le monde se pose avant de partir. La bonne nouvelle : sur une boucle complète, vous verrez de toute façon l'intégralité des sites. Le sens ne change qu'une chose, l'ordre et le moment de la journée où vous découvrez chaque étape.
- Antihoraire (par le sud d'abord) : mon choix. Vous attaquez par la côte sud, la plus spectaculaire, tant que l'énergie du départ est là. Vous atteignez aussi Jökulsárlón en fin de journée, quand les bus de touristes repartent.
- Horaire (par l'ouest d'abord) : pertinent si vous voulez garder les cascades du sud pour la fin, en apothéose, ou si la météo est meilleure côté ouest au moment de partir.
En résumé, partez antihoraire par défaut, et n'hésitez pas à inverser selon les prévisions. En Islande, la météo décide plus souvent que vous.
Quel véhicule louer pour la Route 1 ?
C'est le poste le plus stratégique de votre voyage, à la fois pour le confort et pour le budget. Un mauvais choix de véhicule, et vous vous retrouvez bloqué devant une piste interdite, ou à payer pour une motorisation dont vous n'aviez pas besoin.
Voiture classique, 4x4 ou van : comment choisir
- Compacte 2 roues motrices : suffisante pour la Route 1 en été. L'asphalte couvre la totalité de la boucle, et c'est le choix le plus économe en carburant et en location. Pour les modalités concrètes, mon guide pour louer et conduire une voiture en Islande détaille tout.
- 4x4 : indispensable pour les pistes F des Highlands et vivement conseillé en hiver, sur neige et verglas. Rouler en 2 roues motrices sur une piste F est interdit par la loi et non couvert par l'assurance, sans exception.
- Van aménagé : la liberté totale, souvent plus rentable que voiture plus hébergements séparés. Comptez de 150 à 200 euros par jour en haute saison. Tout est dans mon guide pour louer un van en Islande.
Assurances : ce qui est vraiment utile
Les contrats islandais regorgent d'options, et toutes ne se valent pas. La CDW de base est presque toujours incluse, mais surveillez les protections spécifiques au pays.
- Protection gravier : de 5 à 12 euros par jour, utile car les projections de pierres fissurent facilement un pare-brise.
- Passage à gué (river crossing) : autour de 20 euros par jour, uniquement pertinent en 4x4 sur pistes F.
- SAAP : la protection contre les cendres et le sable, propre à l'Islande. Mon article dédié à l'assurance SAAP explique quand elle est indispensable.
Pensez aussi à votre couverture personnelle. Une bonne assurance voyage reste un filet de sécurité précieux dans un pays où les secours coûtent cher.
Pour comparer les loueurs et verrouiller un bon tarif, mieux vaut réserver tôt et passer par un comparateur plutôt que de foncer au comptoir de l'aéroport.
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Quand partir pour ce road trip ?

La saison change tout : accessibilité des routes, durée du jour, et ce que vous verrez dans le ciel. Il n'existe pas de mauvaise période, seulement des voyages différents.
- Été (juin à août) : la période reine pour la Route 1. Tout est ouvert, y compris les pistes des Highlands, les journées sont interminables, et le soleil de minuit vous laisse rouler tard. Le revers : aucune aurore boréale, et une affluence marquée sur les sites majeurs.
- Épaules (mai et septembre) : mon compromis favori. Moins de monde, tarifs plus doux, et les premières aurores dès septembre. Il faut composer avec une météo plus capricieuse.
- Hiver (octobre à avril) : la Route 1 reste faisable, mais les tronçons de l'Est et du Nord deviennent risqués, et les pistes F sont fermées. En échange, vous décrochez peut-être le spectacle des aurores boréales.
Si les aurores sont votre priorité, planifiez avec mon guide pour savoir quand voir les aurores boréales en Islande, et pensez aux combinaisons magiques d'aurores et sources chaudes.
Budget d'un road trip sur la Route 1
Autant être honnête : l'Islande fait mal au portefeuille. Mais avec un peu de méthode, on maîtrise l'essentiel. Voici les grands postes à anticiper, en gardant en tête que les prix varient fortement selon la saison.
- Véhicule : votre plus grosse dépense, surtout en 4x4 ou en van. Réservez plusieurs mois à l'avance.
- Carburant : 1 332 kilomètres de boucle, plus les détours, dans un pays où l'essence est chère. Faites le plein à chaque village, les stations se raréfient dans les zones isolées.
- Hébergements : des guesthouses aux campings, l'écart est énorme. Le van et le camping tirent la facture vers le bas.
- Activités : bains géothermaux, sorties baleines et randonnées glaciaires s'additionnent vite.
- Nourriture : cuisiner soi-même reste le meilleur levier d'économie.
Nos conseils pour réussir la boucle
Quelques réflexes appris sur la route, parfois à mes dépens, qui feront la différence sur votre road trip.
- Réservez votre véhicule tôt. Les meilleures options partent des mois à l'avance, surtout en été.
- Faites le plein systématiquement avant les longs tronçons isolés, notamment dans les fjords de l'Est.
- Méfiez-vous du vent. Il arrache les portières ouvertes sans prévenir : tenez-les fermement à chaque ouverture, c'est un grand classique des mésaventures islandaises.
- Ne quittez jamais les routes balisées. Le hors-piste est interdit et abîme durablement une nature fragile.
- Restez connecté. Une eSIM vous garantit le GPS et l'accès aux sites météo partout, ce qui est loin d'être un luxe ici.
Prévoyez enfin une marge à l'arrivée : depuis l'aéroport de Reykjavik (KEF), la route jusqu'à la capitale prend une bonne quarantaine de minutes, et après un long vol, mieux vaut ne pas enchaîner trop d'étapes le premier jour.
En Islande, ce n'est pas vous qui dictez l'itinéraire, c'est la météo. Acceptez-le, adaptez-vous, et le pays vous offrira des instants que vous n'auriez jamais pu planifier.
FAQ
Combien de jours faut-il pour faire le tour de l'Islande ?
Sept jours pleins suffisent pour boucler la Route 1 à un rythme soutenu. Dix jours restent l'idéal pour profiter des fjords de l'Est, de la région de Mývatn et de la péninsule de Snæfellsnes sans courir.
Peut-on faire la Route 1 sans 4x4 ?
Oui, en été. La Route 1 est entièrement asphaltée, et une compacte 2 roues motrices la parcourt sans difficulté de juin à septembre. Le 4x4 devient nécessaire uniquement pour les pistes F des Highlands et pour l'hiver.
Quel budget prévoir pour un road trip en Islande ?
L'Islande est une destination chère, et le véhicule constitue le poste principal. Voyager en van, cuisiner ses repas et privilégier les baignades naturelles gratuites permet de contenir sensiblement la facture.
La Route 1 est-elle praticable en hiver ?
Elle reste ouverte, mais les tronçons de l'Est et du Nord deviennent risqués à cause de la neige et du verglas, et les pistes F sont fermées. Un 4x4 et une vérification quotidienne des conditions sur road.is sont alors indispensables.
Dans quel sens vaut-il mieux partir ?
Je conseille le sens antihoraire, qui vous fait attaquer par la spectaculaire côte sud et atteindre Jökulsárlón en fin de journée, quand les groupes repartent. Le sens horaire garde les cascades du sud pour la fin.
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